L'influence du mental sur la guérison par Amandine - Physiothérapeute

L'influence du mental sur la guérison par Amandine - Physiothérapeute

 

Dans son interview, Amandine nous parle de son approche de la physiothérapie, d'avantage centré sur l'origine des douleurs.

○ La douleur, peut-elle être notre alliée ?

○ Qu’est-ce que les fausses croyances et comment pouvons-nous les déconstruire ?

○ Mais aussi, comment l’arthrose peut s’attaquer à des personnes de moins de 30 ans.

 

Transcription :

5 aspects qui définissent ta vision de ton métier ?

  • Premier point : le mouvement.
  • Deuxième point : le patient qui est au centre de la rééducation. C’est lui qui va être acteur du soin.
  • Troisième point : la globalité. On va voir le patient dans son être global, pas juste son genou qui va mal mais bien son contexte biopsychosocial.
  • Quatrième point : rendre la liberté au patient, pour le rendre libre de son thérapeute et non dépendant.
  • Cinquième point : faire le lien entre corps et esprit pour pouvoir vraiment chercher la cause du problème et pas s'arrêter au premier aspect qui est le physique mais bien aussi chercher les causes psychologiques, les causes émotionnelles, le stress, l'anxiété, beaucoup de choses peuvent jouer dans les douleurs.

Dans ton métier tu es très attentive à l'influence du mental sur la guérison. T'arrive-t-il d'avoir des patients qui ressentent des douleurs de source uniquement psychologique et non mécanique ?

Ce que je trouve d'abord intéressant de rappeler c'est que : toutes les douleurs viennent du cerveau. C'est le cerveau qui décide d'envoyer ou pas un influx douloureux.

Effectivement on peut distinguer 2 types de douleurs différentes : les douleurs qui proviennent d'un traumatisme où il y a eu un tissu qui a été lésé, qui a été abîmé, et ensuite les douleurs qui vont venir à la suite d’une PEUR que le corps a déjà eue, a déjà vécue.

Le cerveau s'en souvient et il va reproduire cette douleur malgré le fait qu'il n'y ait rien de lésé justement au niveau des tissus. Là on parle du cercle vicieux de la douleur.

Et donc oui il peut m'arriver d'avoir des patients qui viennent me voir et qui n'ont pas de problème tissulaire, de problème directement lié à leur structure à leur corps, à leurs muscles, mais qui en fait continuent d'avoir des influx douloureux qui proviennent du cerveau parce qu'en fait ils ont eu un mauvais souvenir d'un certain mouvement.

Le cerveau s'en souvient, et donc on rentre dans le schéma des douleurs chroniques.

Peux-tu nous raconter une anecdote à ce sujet ?

J'ai eu une patiente au cabinet qui est arrivée chez moi, et elle m'explique que lorsqu'elle entend que sa nuque craque, automatiquement elle commence à avoir une migraine dans l'heure, les deux heures qui suivent et ce sont des migraines qui la font énormément souffrir.

Moi je garde ça dans un coin de ma tête en me disant : ah tiens ! Craquement, migraine, ce n’est pas normal qu'elle ressente ça.

Je lui demande de justement venir chercher des mouvements un petit peu de rotation, de flexion, d'extension.

Et à ce moment-là, elle me regarde paniquée en me disant : ça a craqué, je vais avoir une migraine ! je lui ai répondu du tac au tac : NON, ça c'est FAUX !

Donc une fois que je lui ai dit que c'était faux il a fallu que je lui explique pourquoi c'était faux.

J'ai passé heu...Plus ou moins 15 minutes à vraiment lui parler, ça ne pouvait pas être en lien les deux.

Elle avait une fausse croyance qui était que : Quand j'entends que ma nuque craque, j'ai automatiquement une migraine.

Je lui ai bien expliqué qu'il fallait dissocier les deux. J'ai fait ce qu'on appelle de l'éducation thérapeutique.

Et à la suite de cette séance, elle est revenue à la suivante et je lui ai demandé : Alors comment ça s'est passé après ma séance ?

Et elle m'a regardé en me disant : Je n'ai plus jamais eu de migraine à partir de cette séance !

Et elle en avait un peu quotidiennement, en tout cas quand sa nuque craquait.

Ça montre bien à quel point le cerveau peut croire certaines choses et quand on arrive à déconstruire ces fausses croyances, et bien on vient justement casser ce cercle vicieux de la douleur.

Quelles sont les méthodes pour déprogrammer un cerveau responsable de douleurs chroniques ?

Alors je n’ai pas fini de connaître ce sujet ça m'intéresse énormément, ce que je peux vous dire c'est que quand on arrive à mettre le patient dans la situation qui lui fait peur dans la situation justement de fausses croyances et qu'on arrive à le faire sentir en sécurité à côté d'un thérapeute qui s'y connaît.

En faisant ce mouvement : imaginons que j'ai mal quand je me penche vers l'avant, on va amener le patient à le faire en toute sécurité pour que le cerveau comprenne qu'il n'y a pas besoin d'envoyer un influx douloureux. Les tissus vont bien, le dos va bien, le mouvement ne fait pas mal, et c'est ainsi qu'on peut réapprendre au cerveau que les mouvements sont bons pour le corps et qu'il n'y a pas de douleur à envoyer à ce moment-là.

Je trouve ça important de pouvoir rappeler aussi que la douleur est envoyée par le cerveau uniquement pour protéger notre corps.

Ça permet d'avoir des réactions d'évitement au danger. Par exemple, ça permet d'éviter de s'appuyer sur un pied qui est complètement cassé et donc la douleur on peut la voir négativement, mais on peut surtout la voir positivement comme un allié qui nous permet juste d'écouter ce que notre corps a à nous dire.

Peux-tu nous donner une attitude à adopter au quotidien pour éviter les problèmes articulaires ?

Alors je ne dirais qu'un mot c'est : Bouger !

Changer de position, il n'y a pas de mauvaises postures. Je pourrais très bien me tenir voutée ou être vers l'arrière, il n'y a pas une mauvaise posture entre les deux, par contre ce qui est moins bon c'est de rester dans la même position et de ne pas bouger.

Le but est que votre corps bouge.

Il paraît que l'arthrose ne touche que les personnes âgées est-ce vrai ?

Alors non ce n'est pas vrai l'arthrose ne touche pas que les personnes âgées, dès l'âge de 25 ans on peut tous avoir de l'arthrose au dos.

Soyons vigilants lorsque nous faisons des radios, des IRM, des examens pour savoir ce qui ne va pas bien dans notre corps, souvent ça va révéler des pathologies auxquelles on ne s'attend pas spécialement : une hernie discale, de l'arthrose à la colonne, et en fait c'est normal.

Notre corps on l'utilise chaque jour, on l'use, ce n’est pas mauvais mais c'est normal qu'il s'abîme un petit peu. La plupart des hernies discales, par exemple, se résorbent d'elles-mêmes.

Pour un chiffre c'est quasiment 90 %. Donc c'est énorme.

Et l'arthrose, pareil, elle peut être symptomatique comme elle peut-être non symptomatique.

C'est à dire qu'une personne qui a de l'arthrose, peut ne pas du tout avoir de douleur comme une personne qui a des douleurs au niveau du dos, peut ne pas du tout avoir d'arthrose au niveau du dos.

Et donc nous thérapeutes on a aussi ce devoir de ne pas faire croire aux patients que leur dos est fragile que l'arthrose c'est dangereux, que l'hernie discale mon dieu il ne faut plus bouger, c'est tout le contraire, il faut leur faire prendre conscience que c'est normal, que notre corps il est fait pour bouger et pour continuer à bouger jusqu'à la fin de notre vie.

Un jeune homme, par exemple, de 35 ans qui viendrait faire un examen quelconque de son dos, on découvrirait à la radio qu'il a de l'arthrose, est-ce que c'est vraiment judicieux de lui dire : Monsieur vous avez de l'arthrose, alors qu'il ne vient pas spécialement pour ça ?

Et bien non parce que ça pourrait créer justement chez lui des fausses croyances, ce n’est pas ce qu'on veut et ce n’est pas ce qu'on cherche non plus.

 

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